Affaires & Entreprise

 

Imitation des Collecteurs d’impôts de Marinus VAN REYMERSWALE,
anonyme, 1548, Musée des Beaux-arts, Bilbao, Espagne

 

Pourquoi on fait des affaires

Fait-on des affaires pour s’occuper ? C’est ce que paraît suggérer le terme anglo-saxon de business. Les affaires semblent le lieu de l’occupation par opposition à celui de l’oisiveté. D’ailleurs, le mot français renvoie à ce que l’on a « à faire ». Lorsque l’« à faire » est désigné, apporté, imposé, on est salarié ; quand on doit le chercher, se le donner, qu’on peut aussi le choisir, on est chef d’entreprise ou indépendant.

L’affaire est ce qui fait l’objet d’un travail, d’un intérêt. C’est aussi un projet, une action en cours. Mais tous concourent au même but : gagner de l’argent. C’est la motivation première, pas nécessairement unique. On peut vouloir faire des affaires pour innover dans un domaine, initier de nouvelles pratiques ou simplement pour s’amuser. Les affairistes ne manquent pas, qui font des châteaux en Espagne et bâtissent des châteaux de cartes…

Les affaires sont les affaires

Or les affaires sont choses sérieuses, qui doivent se faire sérieusement et, pour ce faire, être bien comprises. Depuis que le monde est monde, faire des affaires revient à vendre un produit (ou un service) plus cher qu’il n’a coûté à fabriquer et à délivrer. Ça n’est que cela.

Mais vendre suppose de séduire un client (influence), c’est-à-dire de trouver un marché et de se faire connaître (communication), tandis que produire implique d’avoir une idée (stratégie) et d’en réunir les moyens (organisation). Ce sont deux lois du négoce.

Pour le client, la valeur réelle retirée du bien (ou du service) acheté − rapportée au prix qu’il en a payé − fait la différence entre la bonne et la mauvaise affaire. L’entrepreneur sensé cherchera donc à augmenter l’écart entre la somme déboursée et la valeur perçue par le client, qu’il soit consommateur ou professionnel. C’est une troisième loi.

Comment on fait des affaires

Il y a quatre manières de faire des affaires. La plus évidente est le commerce ; puis vient l’industrie, ensuite la banque et la finance, enfin le conseil. Tous consistent à échanger quelque chose contre de l’argent. D’ailleurs c’est le sens premier du commerce1« Échange, entre les hommes, des divers produits de la nature ou de l’industrie. » (LITTRÉ, Dictionnaire en ligne, Commerce, 1)  : l’échange, qui permet aux richesses de circuler et de s’accroître.

Le boutiquier, le marchand et le détaillant échangent leurs marchandises contre des espèces sonnantes et trébuchantes (ou des créances). C’est le commerce. Le propriétaire de manufactures fabrique des produits à grande échelle dans des usines automatisées et les propose ensuite à faible coût. C’est l’industrie.

Le courtier, l’assureur, le banquier et le financier achètent et revendent de l’argent, en prévoyant des échéances, en prenant des risques et/ou des garanties. De l’argent contre de l’argent, à terme et sous condition : c’est là le moindre des paradoxes de la banque et de la finance.

Le consultant, enfin, vend des avis et formule des préconisations, c’est-à-dire − selon l’opinion populaire − du vent. Il lit l’heure sur la montre de son propriétaire, délivre des consultations, se fait grassement rémunérer pour cela et n’est jamais le payeur… C’est le conseil.

Il y aurait bien l’artisan (le coiffeur, le boulanger, le maçon) qui − interdit de spéculer sur sa main-d’œuvre − se contente d’effectuer au compte-gouttes des prestations manuelles (services à la personne, fabrication et réparation d’objets uniques, construction et réparation de bâtiments). Comme le conseil, il n’est pas réputé faire du commerce, pas plus que le professionnel libéral qui − c’est bien connu − travaille pour l’amour de l’art, dans le strict respect des règles imposées par la déontologie.

Comment on gère une entreprise

Tous ces personnages ont cependant un point commun : ils gèrent leur entreprise. Peu importe qu’ils travaillent seuls, à dix, à deux-cents ou à mille. Une entreprise est un effort organisé, à la tête duquel est placé quelqu’un d’avisé : le chef d’entreprise. Peut-être est-ce vous-même et c’est pourquoi vous consultez cette page.

Dans ce cas, vous avez créé (ou repris) une entreprise. Alors commence la longue litanie des tâches qui s’étire jour après jour : avoir une idée, cibler une clientèle, réunir des capitaux, demander des subventions, recruter du personnel, louer (ou acheter) des locaux, paramétrer les machines, acheter des marchandises, planifier la production et la distribution des produits et services, faire un peu de publicité, prospecter des clients potentiels, régler les fournisseurs, déclarer et payer ses impôts, former ses collaborateurs, faire évoluer les produits, assurer le service après-vente, faire les comptes et l’inventaire, gérer la trésorerie, etc.

Au fil du temps, les évènements s’enchaînent. Vous y faites face, comme vous pouvez. Côté pile, c’est le développement de l’entreprise, peut-être la conquête d’un marché étranger, puis la revente avec une jolie plus-value. Côté face, c’est un carnet de commandes en baisse, les clients toujours prêts à faire des histoires, un fournisseur principal qui plie boutique, des créanciers un peu trop empressés… et c’est le redressement ou la liquidation, la clé sous la porte.

Il faut alors repartir de zéro. De zéro ? Pas tout à fait. Car vous aurez été entrepreneur. Vous avez accumulé des savoir-faire, des savoir-être et des faire-savoir qui font de vous quelqu’un d’expérimenté. Vous avez été patron et vous avez appris de vos erreurs. Deux qualités qui font qu’à nouveau, vous êtes prêt à vous retrousser les manches.