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Pourquoi écrire la règle du jeu

Présenté au monde le

Une profession. Comment décide-t-on de faire profession d’une chose aussi ambitieuse et éthérée que l’écriture de la règle du jeu ? Par soif de comprendre et d’apprendre, d’abord. Par envie d’être utile à des entrepreneurs et décideurs, ensuite. Par désir d’infléchir le cours des choses, enfin. Écrire la règle du jeu est une pratique concrète qui vise un objectif clair. C’est, d’une part, expliciter, expliquer et modifier les usages et les comportements pour optimiser le fonctionnement des structures et, d’autre part, assurer la pertinence des actes et des prises de parole des individus.

On peut dire les choses beaucoup plus simplement en pensant à ce qu’on ressent quand on essaie de déchiffrer une mauvaise notice pour monter un meuble ou assembler un objet : on ne fait rien de bon sans un bon mode d’emploi. Eh bien, écrire (2) la règle (1) du jeu (3), ça n’est que cela : vous fournir le bon mode d’emploi, un mode d’emploi sur-mesure pour conduire vos propres affaires et faire aboutir vos projets, qu’ils soient politiques, créatifs ou stratégiques.

1. La règle, un vecteur d’influence

L’omniprésence de la règle. La vie toute entière est gouvernée par des règles, par une multitude de règles dont la source et l’intensité diffèrent, mais qui se résument toujours à un rapport de causalité : une cause produit (ou est susceptible de produire) un effet. Quant à la source, la règle peut être juridique, sociale, familiale, morale, religieuse… C’est votre mère qui vous interdisait de mettre les coudes sur la table autant que le code de la route qui commande de s’arrêter au feu rouge.

Évidemment, dans les deux cas, le châtiment en cas d’inexécution ou de désobéissance n’est pas le même. La nature de la sanction (l’amende, la désapprobation, la prison, la simple engueulade) imprime à la règle son intensité. Il existe une multitude de règles hors du droit, qui ont d’ailleurs une bien plus grande importance dans la vie. Car ce sont ces règles, tacites pour la plupart, qui expliquent qu’on réussit en amour ou non, qu’on fait des affaires ou pas. Ainsi, pour vouloir séduire ou influencer une personne ou un public, on ne saurait faire l’économie de la connaissance des usages du monde.

INGÉNIERIE DE LA RÈGLE
(Locution nominale)
1. Gymnastique intellectuelle visant à élaborer des normes de comportement (des règles du jeu) ou à mettre en place des éléments incitatifs (cf. l’art de l’influence) pour obtenir les résultats escomptés, particulièrement en affaires et en politique.
2. Type général de prestations de conseil proposées par le Cabinet Notices à son aimable clientèle et qui englobe au premier chef l’intelligence décisionnelle, mais qui concerne également la stratégie politique ou l’ingénierie rédactionnelle.

Le mécanisme de la règle. Une fois ces règles connues, on peut les utiliser pour manager son équipe, monter des projets, produire toutes sortes d’effets, c’est-à-dire pour régenter son monde. Juridique ou sociale, la règle est un facteur d’influence, un instrument de régulation, ainsi qu’un outil de prévision. Poser une règle (quand on détient le pouvoir) ou utiliser la règle (quand on ne l’a pas) est le plus sûr moyen de produire l’effet escompté. Le mécanisme principal est la relation « condition / effet » : si telles conditions sont remplies, tels effets se produiront. C’est le lien de causalité, qui s’applique nécessairement et qui fonde l’ingénierie de la règle.

Exemple 1 : le dernier arrivé à la cantine n’a plus le choix de ce qu’il va manger.

Exemple 2 : celui qui fait toujours des histoires n’aura jamais de promotion.

Si elle ne s’applique pas, c’est tout simplement que le cas qui se présente à vous (on parle juridiquement de cas d’espèce) est une exception au principe. Dans cette hypothèse, c’est qu’une condition particulière vous fait sortir de l’application normale de la règle. Généralement, être le chef aide bien à sortir de l’application normale de la règle… Ce correctif renvoie à tous les « privilèges » au sens étymologique du terme, aux règles particulières qui s’appliquent à un individu ou à un groupe.

Exemple 1 : le dernier arrivé à la cantine n’a plus le choix, sauf s’il avait réservé un plat ou soudoyé le personnel.

Exemple 2 : celui qui fait toujours des histoires n’aura jamais de promotion, sauf si c’est le fils du patron.

2. L’écriture, un levier d’influence

Écrire ce qu’on n’écrit jamais. Passionnée par la règle mais juriste repentie, je me suis peu à peu dirigée vers la conception-rédaction de règles qui régissent la vie sociale, celle des affaires et de la politique. On rejoint ici les domaines de la communication, du management, de la pédagogie, de l’organisation et de la stratégie. Les règles qu’on vient d’évoquer sont pour l’essentiel tacites. La morale étant en déclin et les leçons de choses passées de mode, chacun est réputé devoir apprendre sur le tas ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. En conséquence, au boulot, chacun fait comme il croit devoir faire, sans que l’on accorde généralement entre elles ces façons de faire. S’en suivent des pertes de temps, des malentendus, un manque d’efficacité, des retards, du gaspillage.

ÉCRITURE DE LA RÈGLE DU JEU
(Locution nominale)
1. Activité intellectuelle qui consiste à dévoiler, évaluer et améliorer les usages et les comportements se rapportant à un jeu social suffisamment important pour justifier l’entreprise : projet, structure, opération, etc.
2. Prestation de conseil proposée par le Cabinet Notices à son aimable clientèle. Elle consiste à orienter ou infléchir les pratiques et les usages de vos personnels, de vos clients, de vos partenaires (ou de vous-même1C’est alors une prestation de coaching.) pour parvenir à vos fins (pécuniaires et/ou politiques).

Écrire ce qui mérite de l’être. Tout ne mérite pas cependant d’être consigné par écrit. Concevoir un écrit, le faire circuler et le lire prennent du temps, demandent des efforts, coûtent de l’argent. Il faut que l’effet attendu de la compilation et de l’application de ces règles soit supérieur au coût financier et au temps passé. Rédiger des procédures n’a de sens qu’à cette seule condition. Autrement, c’est mettre en place une usine à gaz. On doit ainsi discerner entre l’utile et le superflu avant de se proposer d’influencer les comportements. À la question « que choisir d’écrire ? », la réponse est donc simple : ce qui est utile, tout ce qui est utile, mais rien que ce qui est utile.

Écrire ce que vous voulez créer. La rédaction de Notices et de modes d’emploi permet tout : gouverner un pays, recruter un assistant, développer un territoire, soigner son image de marque, suivre la trésorerie, recenser les compétences disponibles dans l’entreprise, indiquer à l’utilisateur le fonctionnement d’une machine, organiser la reprise d’une usine… En pratique, on part toujours d’un problème à régler ou d’un projet à mener pour imaginer et concevoir les recettes, les procédures ou les plans d’action nécessaires. Il n’y a rien à dire de plus : tout dépend de vous et de vos besoins ; chaque mission est unique et pensée sur-mesure.

3. Le jeu, le théâtre des influences

Comprendre le monde. Le jeu qui occupe les pages que vous lisez est évidement le monde et ses tracas. Ce sont les activités auxquelles on participe, les coups qu’on tente, les jeux de rôles auxquels on s’adonne sans cesse… Or tous les jeux de société obéissent à des codes. Ce sont les fameuses règles dont on parle, qui varient d’un jeu à l’autre. Les affaires, la politique, la finance et même l’art sont tous des jeux, entendus comme des activités d’envergure qui coordonnent l’action des individus y prenant part, en visant un objectif général qui prend une teinte différente selon la qualité du participant.

L’exemple politique. Si l’on considère le jeu politique, le but (global) du jeu est l’organisation de la vie en société. Les joueurs en sont les citoyens, les candidats, les élus, les fonctionnaires, les journalistes et les lobbyistes. Les citoyens votent et manifestent, les candidats cherchent à se faire élire, les élus exercent le pouvoir, les fonctionnaires font vivre les institutions, les journalistes informent les citoyens, les lobbyistes portent des intérêts particuliers. Ce sont donc différentes catégories de joueurs, qui se répartissent en différents types d’activités : le vote, la manifestation, la prise de parole, la publication, l’influence et toute la litanie des coups politiques.

RÈGLE DU JEU
(Locution nominale)
1. Dans un jeu social, usage, pratique reconnus et constitués en norme, principe, prescription relatifs à l’activité, définis par l’étude, l’expérience, l’usage, et auxquels chaque personnage doit se conformer, prescription s’imposant à tous les membres du jeu en fonction de leur rôle ou place ; au-delà, ce qui guide ou gouverne l’action, la pensée des joueurs.
2. Ensemble des normes de comportement qui régissent explicitement ou implicitement les jeux sociaux en fonction de leur but ; système de repères, d’usages et de valeurs qui forment un monde (un bocal), c’est-à-dire un espace réel ou virtuel gouverné par des règles unitaires qui sont la loi du genre (la règle du jeu) ; système de règles écrites — ou plus souvent tacites — qui régulent les rapports entre joueurs, poursuit la réalisation d’un objectif commun et cache des motivations secrètes.

Jouer le jeu. Dans chaque domaine, il apparaît donc que le monde (le théâtre des influences) est un enchevêtrement de contraintes et d’opportunités que seuls les plus talentueux parviennent à démêler. Car les affaires, pas plus que la politique, ne sont un jeu à somme nulle. Il y a des gagnants et des perdants, plus ou moins momentanés certes. Et tout cela ne dépend que d’une seule chose : les choix. Les choix que l’on fait en fonction des cartes qu’on a en main et des informations qu’on a en tête. C’est pour ça qu’il est essentiel de connaître les règles. Pour anticiper sur les conséquences probables de chaque choix que l’on fait. Pour savoir aussi quelle cause provoquer pour produire tel effet.

Gagner sa partie. Ceux qui réussissent ne sont pas ceux qui respectent les règles ou les codes. Ce sont ceux qui les comprennent mais les discutent, les commentent, les contestent, les contournent, les devancent. Montrer qu’on connaît la règle est encore le meilleur moyen de s’en affranchir. D’ailleurs, une règle étant un rapport de causalité, tout est permis si l’on en accepte les conséquences, c’est-à-dire si l’on veut bien prendre des risques. Or par définition ce sont ceux qui savent prendre des risques qui gagnent la partie, ceux aussi qui savent rebondir après un échec. L’anticipation, le flair, la stratégie, l’alliance, voire la trahison, tout ce qui fait le jeu de la politique et des affaires, relèvent de la mécanique de la règle. D’où l’utilité du conseil qui écrira avec vous la règle de votre jeu. Comment ? Consultez le petit livre rouge du Cabinet Notices pour en savoir plus.

Imaginez tout ce que vous pourriez entreprendre si vous aviez sous les yeux la règle du jeu.

 

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