L’arrière-boutique

REMBRANDT, La parabole de l’homme riche,
1627, Gemäldegalerie, Berlin

 

Chacun sait que l’arrière-boutique est un lieu. C’est la pièce située derrière un magasin, dérobée à la vue des clients. On y dépose les provisions et y entrepose du matériel. Ici, le commerçant laisse traîner son bric-à-brac ; il y fait aussi ses comptes et y reçoit ses fournisseurs. Permettant le stockage et la présentation des marchandises, l’arrière-boutique et la boutique forment les deux espaces nécessaires d’un commerce.

Sur internet, on devine que l’arrière-boutique renvoie à l’administration du site. Elle restera masquée. Mettre les mains dans le cambouis est l’affaire de l’auteur : le lecteur ne veut guère s’en préoccuper. Il préfère naviguer ou attendre la Notices|Letter.

Le client du cabinet de conseil, lui, aimerait bien entrer dans cette salle des machines. Il y verrait le professionnel préparant ses consultations, affutant ses outils… Le magicien ne donne jamais ses trucs. La consultante, en revanche, ne rechigne pas à parler d’elle et de ses réalisations, ni à présenter les prestations offertes par le cabinet à son aimable clientèle.

Mais l’intérêt véritable de l’arrière-boutique est l’idée que MONTAIGNE s’en fait : « Il se faut réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. »1Michel de MONTAIGNE, Les Essais, 1580, Livre I, Chapitre XXXIX, Sur la solitude. C’est la partie secrète en soi, presque inaccessible aux autres. Cette arrière-boutique-là, c’est l’âme du cabinet et l’essence de ce blog. C’est le projet Notices.