Art de vivre

Jean-Auguste-Dominique INGRES, La grande Odalisque,
1814, Musée du Louvre, Paris

 

La vie quotidienne

La vie de tous les jours s’ordonne autour de la satisfaction des besoins. Il y a les besoins physiologiques (dormir, boire, manger, éliminer). Il y a des besoins plus sociaux (se laver, s’habiller, s’apprêter), auxquels il faut ajouter la nécessité de gagner sa vie (travailler, se déplacer, communiquer). Le reste du temps de la journée est dévolu à la vie affective (amour, amis, famille) et aux loisirs (sport, musique, télévision, lecture). La satisfaction de ces besoins donne une impulsion à la vie économique. Tous les corps de métiers peuvent en effet se rattacher à l’un d’entre eux : le transport, le bâtiment, l’agriculture, le divertissement. Évidemment, chacune de ces activités porte la marque de son époque : on ne construit pas les habitations aujourd’hui comme au Moyen-Âge, on ne mange pas les mêmes choses pendant l’Antiquité et à la Renaissance.

Les modes de vie

On identifie les sociétés humaines par leurs coordonnées : un lieu en abscisse, une époque en ordonnée. On pourra ainsi parler de l’Espagne du XVIe siècle, de la société olmèque (Mexique actuel, de 1200 à 500 avant J.-C.), du Sultanat de Delhi (Inde, de 1206 à 1526). Chacune de ces sociétés poursuit le même objectif : organiser la vie et la survie du groupe. Mais toutes le font évidemment différemment : l’éducation des enfants, la production de la nourriture ou la mode vestimentaire varient du tout au tout. On peut donc voir un mode de vie comme la façon propre à une société de répondre à cette double question : comment vivre au quotidien1« On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes. » Claude LÉVI-STRAUSS, De près et de loin, entretien, Odile Jacob, 1988, éd. Le Centurion, 2014, p. 23. ? et comment vivre ensemble ? Le mode de vie, ainsi désigné, c’est par exemple l’american way of live.

L’art de vivre

Mais à l’intérieur d’une même société, tous les individus ne font pas les mêmes choix de vie quotidienne. Selon l’éducation reçue, les goûts personnels et, bien sûr, les moyens financiers, chacun adopte une certaine manière de se nourrir, de se vêtir, de se divertir. On observe ainsi la coexistence de divers styles de vie à une même époque dans un même pays. C’est l’exemple de la dolce vita en Italie, cette « vie facile, oisive et veule menée par certains riches »2LAROUSSE, Dictionnaire de français en ligne, Dolce vita.. Quand le style de vie prétend se parer d’une dimension esthétique, d’une certaine élégance, on parle d’art de vivre.

ART DE VIVRE
(Nom masculin)
1. Manière d’être, d’exister, de penser selon l’idée du beau et du bon.
2. Cachet qu’on donne à sa vie quand on fait les choses avec goût.

Une esthétique du quotidien

L’art de vivre est donc le cachet qu’on donne à sa vie quand on fait les choses avec goût. Un tel état d’esprit relève des choix de vie mais également du perfectionnement de soi. Il s’agit de découvrir, d’apprendre, de changer ses habitudes, d’adapter son comportement à de nouvelles valeurs, plus proches de ce qu’on veut être. L’art de vivre englobe des aspects aussi variés que la créativité, le quotidien ou les voyages. Au-delà, elle conduit à réinitialiser sa boussole intérieure, à veiller à l’alignement du corps, de l’esprit et de l’âme. Il y a, dans tout art de vivre digne de ce nom, le désir de participer à la culture, de sculpter l’air du temps, d’entretenir ce que son monde a de meilleur à offrir.